L’ERMITAGE DE NOTRE DAME DU CHÂTEAU
Selon l’Abbé NOGUES « Nous ignorons si un sanctuaire a existé avant notre Mara De Déu Vella dans l’enceinte du château d’Ultréra. Toutefois, c’est avec quasi certitude que nous pouvons conclure qu’elle a été construite aux environs de l’An 1000, qu’elle fut la chapelle particulière du château avant de devenir un lieu de pèlerinages et que ses vestiges possèdent les caractères du style roman RANDONNEES ET VISITE PITTORESQUE DU VILLAGE naissant. Elle revêt les caractères généraux de l’architecture religieuse primitive en Roussillon au début du XI ème siècle ».
Source de luttes intestines entre deux seigneurs : Le Seigneur de Sorède, titulaire et maître du Château et Le Seigneur de la Pave, Archidiacre du Vallespir, Chapelain Majeur et Châtelain,
la chapelle ainsi que le château seront détruits le 17 septembre 1675.
En 1681 la chapelle est reconstruite sur les terres du Seigneur de Sorède et devient un ermitage. Inaugurée officiellement le 8 Septembre 1681, jour de la Nativité de Marie elle reçoit la statue de la Vierge « La Madone d’Ultrera » ainsi que les cloches et le mobilier sauvés de la destruction de l’ancienne chapelle.
En 1682 une première confrérie voit le jour. Sa fondation est autorisée par le Pape Innocent XI. L’office de chapelain est désormais remplit par les curés de Sorède.
En janvier 1907, la commune de Sorède devient propriétaire de l’ermitage mais en laisse la jouissance à Monsieur le curé.
En 1970 l’association N.D.C est créée. Composée de nombreux bénévoles, c’est elle qui de nos jours entretient amoureusement les murs de l’ermitage et les traditions qui s’y rattachent.
Complètement détruit lors d’un incendie en 2001 il fut complètement restauré grâce au soutien de la Municipalité, maître d’oeuvre et de la population.
Dans l’ermitage reconstruit la population de Sorède peut de nouveau rechanter les « Goigs », de vieux cantiques de joie et d’allégresse empreints d’une poésie naïve et gracieuse proclamant les louanges de la Vierge Marie et implorant ses bienfaits.
Bibliographie. Extraits de « Histoire de Notre-Dame du Château » Tome 1 et 2 - Abbé NOGUES
En vente à l’Office du Tourisme et sur le site de l’ermitage.
L’EGLISE ST ASSISCLE ET STE VICTOIRE
Cette église romane, inspirée d’éléments gothiques et dont l’appareillage est constitué de galets et de briques se distingue par un clocher mur en façade au dessus de la porte, une tour carrée au sud contestée en son temps pour son esthétique ainsi qu’un intérieur baroque où l’on peut admirer un retable du rosaire du XVII ème et une voûte gothique.
La nef à transept, peu visible car englobée dans le château est composée de trois travées couverte de fausses voûtes brisées.
On distingue trois petites chapelles intercalées dans les murs latéraux. Chaque chapelle s’ouvre sur la nef par un arc en plein cintre. Elles sont dédiées à des saints tels que St Antoine de Padoue, Notre-Dame de Lourdes, St Gaudérique, Ste Philomène, St Sébastien. Les travées sont séparées par des arcs doubleaux brisés.
La nef est terminée par un chevet à cinq pans avec une voûte gothique.
Au 19ème siècle, l’ancien retable disparaît. Il ne reste que les statues des saints patrons du village. Le retable latéral, daté du 18éme siècle, retrace les quatre étapes de la vie de Marie de Nazareth.
Le clocher de l’église est pourvu de deux cloches qui rythment depuis plusieurs siècles la vie des hommes de la commune.
La Cloche Est ,Installée en 1818, elle est dénommée « Campana Grossa » car elle donne un son grave. On peut y lire l’inscription suivante : Je m’appelle Marie « Sancta Maria ora oronobis »
Sur le devant, au milieu on peut y voir une croix portant les instruments de la passion, encadrée en haut par le soleil et la lune, en bas par la date 1818
Autour de la cloche se trouvent les images de St Michel, de la Vierge et de St Pierre.
En bas, tout autour, est écrit le verset du psaume 112 des vêpres « Sit nomen domini benedictum, Sancta Maria ora pronobis ». Fait par Joseph Cribaillet frères.
La cloche Ouest, qui a un son plus clair est aussi la plus ancienne puisqu’elle a été installée en 1709. Elle porte l’inscription: « Laetamini, in domino et exalta de justi », 1709.
Autour de la cloche on trouve une croix de l’annonciation et une inscription en catalan : « Justes, réjouissez-vous dans le seigneur et exaltez l’allégresse ». Paul Roques me fit pour le village de Sureda.
LE FOUR SOLAIRE « PIRHELIOPHORE »
La commune de Sorède reste la première au monde à avoir accueilli sur son territoire une plate forme expérimentale en matière d’énergie solaire avec la naissance du premier four solaire par Manuel Antonio Gomes dit « Padre Himalaya », physicien portugais, grand savant et inventeur (concepteur de canon, d’explosif et de procédé à faire tomber la pluie).
Né le 9 Décembre 1868 à Santiago de Cendufe au nord du Portugal, il consacra sa vie à l’étude des énergies naturelles, du magnétisme, des forces telluriques, tout ce qui préfigurait aux énergies nouvelles appelées de nos jours « Energies renouvelables ».
C’est au lieu dit «El coll del Buc », sous les ruines du vieux château d’Ultréra, que durant l’été 1900, le four solaire sera monté à dos d’hommes et de mulets et installer par des artisans sorédiens. Il était composé d’une parabole de 7 mètres de diamètre équipée de petits miroirs de verre disposés en quinconce et fixés sur une structure métallique qui pouvait être orientée vers le soleil. La chaleur du soleil concentrée par les miroirs vers un four situé au centre le l’installation permit au savant d’obtenir en août 1900 une température de 2500°.
Après plusieurs mois passés sur le site de Sorède, le savant déménagea son matériel et partit poursuivre ses travaux en région parisienne et aux Etats-Unis où il obtint en 1904 le grand prix de l’exposition universelle de Saint Louis en Louisiane.
Le Padre Himalaya s’éteindra le 21 Décembre 1933 à l’âge de 65 ans dans l’anonymat le plus complet.Quelques décennies plus tard, la mémoire de ce grand savant, précurseur des énergies renouvelables, sera réhabilitée par Jacinto Rodrigues, professeur et spécialiste d’écologie urbaine à l’université de Porto.
Bibliographie : La revue « Albera MASSANA » N°19 de juin 2006
Lien : www.padrehimalaya.podemus.com et http://himalaya.verfblogg.net
Nous ne trouvons pas de traces de forge proprement dite ou déclarée comme telle à Sorède avant le 14ème siècle. Ce n’est qu’en 1342 que l’on trouve sous la mention latine ferreria ou furnum les premières traces de cette industrie sur le territoire de Sorède.
Le choix de son implantation dans les « Albères » fait appel à trois conditions majeures :
- la proximité d’un vaste massif forestier.
- La proximité d’une rivière le « tassio », alimentée par les torrents de la montagne.
- La présence du minerai de fer extrait sur place ou dans les environs.
A ces trois conditions vient se rajouter celle de la présence de muletiers « traginers » (ou les voituriers à la fin du 18ème siècle) indispensables au bon fonctionnement de l’ensemble.
La Forge
Le seigneur de Sorède en est l’un des premiers propriétaires. Elle est tenue à ses débuts par un maître forgeron, puis à partir de 1735 par un fermier régisseur des terres et des forêts. Reconstruite en 1749, elle devient ensuite la propriété du Marquis d’Oms Seigneur de Sureda, propriétaire du château. En 1751, ce site comprend la forge, dont une maison récemment construite pour loger les forgeurs.
En 1793, elle sera rachetée au profit d’un industriel catalan.
Dans cette forge on pratique ce que l’on appelle le « procédé à la catalane », technique alors réputée. L’air y est insufflé à l’aide d’une trompe à air pour augmenter la température.
Le Martinet
En 1784, un martinet, vient se rajouter pour suppléer la forge et faire face aux besoins d’une production croissante
Il va servir à confectionner des objets en fer à partir de barres de fer produites par la forge (clous, cerclages pour tonneaux, outils de jardin, ferrures, fers à cheval etc.…).
Cet édifice est constitué de plusieurs constructions agglomérées entre elles qui s’adaptent parfaitement à la déclivité du site. La principale caractéristique de ce Martinet, sa trompe à air. Elle a pour but d’insuffler de l’air humide, afin de favoriser la combustion ce qui provoque une dépression d’air par son dénivelé ; Elle est constituée d’une caisse à vent, surmontée d’un réservoir d’eau en bois et prolongée d’une tuyère de plus de 6 m. Celle-ci est oblique à deux pentes, avec un rétrécissement à son orifice, pour augmenter le débit de l’air.
Le Martinet cesse de fonctionner le 17 juillet 1790, date à laquelle il est confisqué au même titre que la Forge.
L’absence répétée d’eau liée au débit insuffisant de la rivière qui oblige les ateliers à ne fonctionner que quelques mois dans l’année, les nombreuses difficultés d’ordre juridique et la déforestation sont vraisemblablement à l’origine de la disparition des activités de forge.
L’EGLISE ST MARTIN DE LAVALL
Ce hameau, habité depuis le néolithique et rattaché à la commune de Sorède depuis le 18 Décembre 1822 par ordonnance du Roi de France verra l’orthographe de son nom modifié au XIXème siècle, La Vall devenant Lavail et les travaux ruraux de l’époque remplacés par des activités essentiellement touristiques.
La chapelle du XII ème siècle, édifiée avant celle de St André, est dédiée à St Martin, Evêque de Tours en 371.
Entre 800 et 823 les premiers moines bénédictins et colons hispanis fuyant le joug des Musulmans et venus probablement de la péninsule Ibérique s’y installent, menés par l’abbé Miron.
Dans un précepte daté de 823 il apparaît qu’elle est délaissée au profit de l’église de St André et qu’elle devient une cellae (annexe) de celle-ci. Nous retrouvons les traces de cette cellae en 1109 quand elle est annexée à l’abbaye de la Grasse, située dans l’Aude.
Cet édifice roman, à nef unique pourvu de petites ouvertures, est caractérisé par une grande sobriété et rusticité. On retiendra l’absence de fresques, un campanile trinitaire et le portail en pierre taillée ainsi que la présence d’éléments religieux chargés d’histoire et porteurs de questions restées à ce jour sans réponse.
Bibliographie. « Sureda…Fa temps » de Geroni i Francesc MARGAIL
En vente à l’Office du Tourisme.
CANAL D’ARROSAGE, PUITS ET FONTAINES
La commune de Sorède est traversée par deux rivières, la « Massana » et le « Tassio ». Il existe aussi sous le territoire un vaste réseau de rivières souterraines qui permettait d’alimenter puits, fontaines et canaux en très grand nombre dans le village et dans chaque quartier.
Puits
« Au fond du puits, nef de fraîcheur, où j’ai pris pied par le couloir d’accès d’argile grasse, parmi la végétation de hasard où grouille une population de mystérieuses bestioles qui aiment l’eau et le silence, j’ai rencontré la salamandre….. » extrait de « Sureda…Fa temps »
En l’absence d’une source proche ou d’un cours d’eau, le puits a été longtemps le seul moyen de se procurer de l’eau avant la mise en place, dans les années 1950-60 de l’eau du robinet « Aigue A l’Axeita » (dénommé en son temps « projet fontinal ») qui va fermé ce qui, pendant des siècles, constituait le service des eaux du village: les puits.
Certaines eaux étaient recommandées pour leur saveur et leurs vertus (l’eau pour le pastis) d’autres plus fades servaient au bétail ou à la cuisson des légumes. En période de sécheresse, quand les puits municipaux étaient taris on allait puiser aux puits privés.
Leur construction était très difficile. Ils étaient maçonnés du fond jusqu’à la margelle, en pierres sèches ou en mortier.
Quelques puits privés et publics subsistent encore, vestiges de cette époque révolue.
Fontaines
« Dieu que c’est bon ! Chocolat, eau minérale…Vous n’en finiriez pas tant cette eau vous creuse… » Extrait de « Sureda…Fa temps ».
Naturelles ou aménagées, les fontaines, sont des éléments incontestés du patrimoine. Lieux possibles de rencontre, « on s’y retrouve, garçons et filles, en troupes endimanchées et joyeuses pour le goûter… », Elles sont souvent accompagnées d’histoires et de légendes.
La « Font del Bisbe » (la fontaine de l’évêque) remplit ce rôle et possède sa propre légende que vous pourrez découvrir lors de la « ballade pittoresque de Sorède ».
Le canal d’arrosage « Rec Mayral »
De la Place de la République il vous suffit de remonter la rue Saint-jacques, puis de prendre à droite, la rue du canal principal « rue du Rec Mayral » pour découvrir tout un dédale de ruisseaux que l’on pourrait penser être naturels mais qui en fait, font partie d’un savant système de canaux.
L’eau s’y écoule en quasi permanence, bordant de petits jardins.
Au départ de la création de ce système ingénieux qui fonctionne par capillarité il y avait un ruisseau qui amenait l’eau du barrage au moulin « Cassanyès » et alimentait celui-ci. Le Seigneur de Sorède, propriétaire du moulin accordait l’eau aux paysans mais se la réservait surtout pour le moulin. A cette époque un « Réguer » était nommé pour faire la police du canal et distribuer l’eau.
Les paysans mécontents de cette situation décidèrent de s’émanciper en se connectant à ce réseau, en creusant des canaux secondaires. De 1622, date de construction du moulin à 1789, après plusieurs siècles de procès on assistera à la naissance du « Rec mayral ». A partir de 1789 il devient communal, puis en 1865 une association est créée, qui à ses débuts fonctionne comme un syndicat. C’est la seule association de Sorède qui perdure depuis cette date.
Une grande base d’eau, une « Bassa » sera construite. Elle servira de provision d’eau et permettra de réguler la répartition de l’eau en fonction d’un classement effectué au préalable qui tient compte du nombre des jardins, de leur superficie.
Le « Réguer » est responsable de cette distribution, c’est lui qui vient ouvrir les vannes selon les heures de la journée et alimenter les différents quartiers. Actuellement il existe 13 fermetures du canal ou « Trenc », des vannes, fermées par un cadenas.
Les personnes concernées par l’arrosage participent au fonctionnement de l’association et sont tenues de procéder au nettoyage des canaux situés sur leur propriété. Elles doivent laisser un droit de passage pour le « Réguer ». Tout le long, sur un côté du canal on trouve un chemin, « un franc bord » réservé au passage du « Réguer ».
Témoin d’un long passé où les jardins étaient indispensables pour se nourrir et où la moindre parcelle de terre arrosable produisait des plantes maraîchères de première nécessité, le « Rec Mayral » garde tout son intérêt comme reflet d’une organisation sociale, tour à tour, canal d’arrosage ou lavoir.
Bibliographie. Extraits de « Sureda…Fa temps » de Geroni i Francesc Margail.
En vente à l’office du Tourisme.
RANDONNEES ET VISITE PITTORESQUE DU VILLAGE
Baraques où « Orrys »
En chemin vous croiserez de petits édifices construits en pierres sèches, pourvus d’une ouverture qui servaient d’abris pour les bergers. Ceux situés dans la partie basse de la montagne et situés près des Feixes (cultures en terrasse) et des Taillats (endroits défrichés qui servaient pour accueillir des vignes) étaient utilisés par les cultivateurs.
Puits à neige
Puits à neige« Pou de Neu », dénommé aussi puits de glace. On en dénombre six sur la commune de Sorède dont deux au Coll Pregon et un autre particulièrement bien conservé que vous pourrez admirer au Puig dels Quatre Termes.
De forme arrondie, ils étaient construits en pierres sèches et avaient la particularité d’être très profonds (Certains pouvaient atteindre plus de 10 mètres).
Ils étaient utilisés pour stocker de la neige qui dans la partie la plus profonde du puits se transformait en glace. Cette glace était ensuite distribuée à tous les villages environnants et servait, en complément du sel, à la conservation de la nourriture ainsi que pour certains soins médicaux.
La Tradition Pastorale
Comme le fait si justement remarquer Francis MANENT « Alors qu’elle est, pour l’homme du XXème siècle, un lieu de promenade et de plaisir, un beau paysage, un espace naturel à protéger, la montagne Catalane, montagne refuge et nourricière, procurait aux hommes l’essentiel de leurs ressources et de leur subsistance ».Depuis le Moyen-âge, des documents attestent d’une activité pastorale fortement ancrée dans le massif des Albères qui concernait tous les types d’élevage (Caprins, ovins etc…).Cette activité intensive est d’ailleurs à l’origine des dégradations importantes causées dans la montagne. De nos jours, seul l’élevage des troupeaux de vaches, les « Vacades » perdure.
Selon les explications de Bernard RIEU, les troupeaux autrefois n’appartenaient pas à un seul éleveur. Comme ils pâturaient sur les « communs » municipaux, chaque famille du village pouvait posséder sa vache et tout le troupeau était gardé par un vacher payé par tous. Ces gens qui avaient des bêtes s’appelaient des « Pagollers ». De nos jours sur notre commune, le troupeau, anciennement communal, est maintenant géré par une association composée de plusieurs propriétaires qui utilisent l’aide d’un vacher.
Cette variété originale de vache, capable de vêler toute seule, qui reconnaît et éduque son petit est appelée indifféremment Fagines du catalan « Faitx » qui signifie hêtre et qui provient du fait qu’elle vit du printemps à l’automne dans la « Fagosa » (hêtraie) qui recouvre les hauteurs des Albères, Negra car sa robe était très foncée au départ où Massanenques qui vient de Massane en référence à la rivière du même nom ainsi que la partie haute de la vallée.
Petite, rustique, méchante et très sauvage, voilà ce qui caractérise cette race pure élevée essentiellement pour sa viande. Les quelques spécimens qui subsistent encore constituent un patrimoine vivant à préserver à tout prix.
Voilà ce que Francis MANENT nous en dit « Rustiques et particulièrement robustes, ce ne sont pas des vaches comme les autres. Elles ont le caractère que donnent un climat rude et leur évolution en liberté tout au long de l’année…C’est d’ailleurs à l’esprit indépendant et combatif de ces vaches que l’on doit la tradition des jeux taurins dans les villages du piémont des Albères.. ».
Afin d’améliorer son caractère et la qualité de sa viande elle sera modifiée génétiquement et croisée avec d’autres races (Normandes, charolaises…).
A partir du mois de mars les troupeaux estivent. Ils se localisent dans des endroits divers avec des lieux de rumination différents. L’hiver ils restent dans des enclos.
Une fois par an est pratiquée ce que l’on nomme « l’Esquellada » ou le western dans les Albères. Cette tradition, aussi ancienne que les troupeaux consiste à rassembler ceux-ci pour les marquer et leur faire porter « l’esquella », sonnaille (cloche), à laquelle cette opération doit son nom.
Les vaches sont rabattues vers un long couloir en forme d’entonnoir menant à la « Jaça », un enclos fait de troncs d’arbres et de branches. Après « l’Esmorzar », le casse-croûte, l’esquellada commence. Les vaches par groupe de 8 ou 10 son poussées par les vachers et dirigées vers un couloir de contention. Chaque animal est ensuite attaché par une corde passée autour des cornes. Le vétérinaire pratique alors une prise de sang, une plaque portant un numéro d’immatriculation est scellée derrière l’oreille, une entaille à l’oreille des jeunes veaux est pratiquée avec un couteau, marque distinctive permettant à chaque vacher de reconnaître ses bêtes, les bêtes sont vermifugées, les cornes trop aiguisées sont taillées, le plumet de l’extrémité de la queue est raccourci et pour terminer la sonnaille est posée.
Et Francis MANENT de conclure cette longue journée « Une fois le travail accompli, les hommes se retrouvent sous les érables et les hêtres centenaires, autour des tables où l’on servira la traditionnelle blanquette de veau, cuisinée en plein air sur un feu de bois…Chez nous aussi, après la bagarre, l’histoire se termine quand les irréductibles catalans se retrouvent autour d’un bon repas. »
Extraits de Francis MANENT et Bernard RIEU
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